
Le courrier d’Octave Ergébelle ne peut me laisser indifférente. Et pourtant c’est un sujet déjà traité. Mais je ne peux pas vous laisser avec des doutes, des interrogations. Aussi, c’est à un médecin à qui je ferai appel pour vous répondre, mon cher Octave.
Mais reprenons un extrait de votre lettre : Ma femme me fuit, et notre régime matrimonial est tombé bien bas. Plus ça va, plus son poilu me devient inconnu et le ravivage de ma flamme devient aussi peu fréquent et aléatoire qu’un quinté de bourrins (le mot n’est pas judicieux) dans l’ordre. Et moi qui suis très porté sur la chose et qui ai de gros besoins, je me morfonds au fond de mon lit. Mona, aidez-moi, je vous en supplie à retrouver le goût de la vie. J’ai maigri je suis aigri. J’suis malade j’fais plus pipi ni caca. J’suis pas vieux mais j’en peux plus. Au secours !
Mon pauvre biquet. C’est vrai que vous avez le col roulé qui chatouille le cerveau. Ne seriez vous pas de tempérament génésique et n’auriez vous pas tellement sollicité votre partenaire qu’elle est épuisée ? Pour vous aider à réfléchir, lisez donc l’étude du Docteur Louis Seraine :
Un vieux médecin donna jadis le conseil suivant à un jeune homme : «Si votre constitution est faible et délicate, fuyez les plaisirs de l’amour: il y a ici une couche d’épines enfouie sous des roses. Mais l’excitant prolifique vous agite-t-il sans cesse, conduisez-vous selon votre âge : de 25 à 56, vivez sur le revenu ; de 36 à 45, faites des économies ; depuis 45 jusqu’à la fin, gardez précieusement le capital.» A l’exemple de ce praticien plein d’expérience, je vais classer, suivant les tempéraments, les âges, les climats, etc., les conseils que je dois donner sur ces délicates matières. On ne peut nier qu’il existe des tempéraments génésiques, c’est-à-dire chez lesquels l’activité sexuelle l’emporte sur toutes les autres fonctions. Cette prédominance est presque toujours un malheur, car elle ne s’établit qu’aux dépens de facultés plus précieuses. Du reste, elle est assez rare, du moins chez les hommes. Ces individus sont ordinairement colorés et bilieux, ce qui faisait dire aux anciens que le foie était le siège de la concupiscence. Chez l’homme comme chez la femme, ils présentent un système pileux noir, une odeur forte, les narines ouvertes, les lèvres rouges et pendantes, le corps maigre, mais très-musclé, les organes génitaux exagérés en dimension. Ils sont généralement peu intelligents, et en tout point ressemblent plus à des animaux qu’à des hommes. Au point de vue de la reproduction, on pourrait les comparer aux arbres qui fleurissent trop. Les femmes à tempérament génésique, comme la plupart de celles qu’on rencontre dans les lupanars, deviennent difficilement fécondes, et les hommes célèbres par leurs exploits vénériens ont rarement la joie d’être pères. M. Debay rapporte qu’un montagnard des Pyrénées-Orientales épousa successivement onze femmes dans l’intervalle de quinze ans. Ses embrassements étaient si multipliés et si fougueux, que toutes ses femmes moururent atteintes de désordres graves dans les parties vulvo-utérines. L’autorité s’opposa à ce qu’il contractât un douzième mariage. Les mêmes exemples se rencontrent chez les femmes. Tout le monde connaît l’insatiable salacité de Messaline, cette impératrice romaine qui, sous le nom de Lysisca, parcourait les lieux de débauche, défiait tous les hommes qu’elle rencontrait, et se retirait au point du jour, lasse, mais non rassasiée.
Bon, Octave Ergébelle, je dois vous dire qu’à la vue de la photo jointe à votre courrier, je trouve des points de ressemblance avec la description ci-dessus : système pileux noir, narines ouvertes… Aussi, je vous invite à consulter et à laisser votre pauvre femme dormir tranquille.
Mona fait ce qu’elle peut pour calmer Octave.


VIN APHRODISIAQUE.
PASTILLES DE GENSENG.
BAIN APHRODISIAQUE
Forcé de quitter sa femme pour remplir une mission diplomatique, Théophile revint, après quelques mois, fatigué, épuisé de veilles, de soirées, de parties aristocratiques auxquelles sa position sociale l’obligeait de prendre part. Le soir de son arrivée, il eut l’imprudence de s’approcher de sa femme; la fécondation s’ensuivit ; mais le fruit qu’elle donna ne ressembla en rien aux premiers. Ce quatrième enfant, malgré tous les soins dont fut entouré son berceau, resta toujours malingre et chétif. On eût dit que ses parents épuisés ne lui avaient pas transmis une assez forte dose de vitalité ; il crût cependant, mais fluet, étiolé, semblable à une plante qui s’allonge comme un fil et se dessèche, bientôt. M. Théophile, s’accusant intérieurement d’avoir donné le jour à un être si faible, eut la douleur de le voir mourir avant sa cinquième année. Cette perte fut pour lui un constant remords, car il avait l’expérience du passé, et l’homme sage, avant de céder à l’attrait du plaisir, doit en calculer froidement les conséquences.
Un jeune baron d’un tempérament fort amoureux s’était tellement épuisé avec des courtisanes, qu’arrivé à l’âge de trente ans ses organes s’endormirent comme frappés de paralysie. Alors on lui conseilla de se marier ; mais ni les douces caresses de sa femme, ni ses violents désirs pour lui prouver son amour, ne purent lui faire retrouver sa virilité. Désespéré de cet état de choses, il alla consulter le Docteur Tissot, qui lui ordonna lé régime suivant :


Mais un grand nombre de vos écrits me confirme la justesse d’une
Les principaux caractères de l’impuissance, en général, sont : un teint blanc, étiolé, la couleur blond pâle des cheveux, la rareté des poils et de la barbe; les chairs mollasses, les formes empâtées par une graisse diffluente, un timbre de voix aigu, une parole lente, les yeux mornes, le regard terne, sans chaleur, les épaules étroites; l’odeur fade ou aigre dans la transpiration; les testicules peu volumineux, les bourses pendantes; le membre viril allongé, petit, flasque, le gland ridé, etc., etc..